Pause n°8

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Bravo, avec la fin du chapitre 8 j'ai atteint la moitié de ce que j'ai prévu. Eh oui, on n'en est qu'à la moitié, Jadda va encore avoir bien des problèmes à résoudre... Mais comme dirait RJ, "j'écrirai jusqu'à ce que le dernier clou soit enfoncé dans mon cercueil !" (n'allons pas vers de telles extrémités...
Pendant que je rédigeais ce chapitre 8 il s'est passé bien des choses. Déjà j'entre en troisième année de licence. Ensuite j'ai découvert des blogs et des forums, en particulier celui-ci et celui-là. Ma liste d'amis et de favoris s'est considérablement allongée, vous l'aurez remarqué... Et j'ai découvert que mon cousin par alliance (fils de la copine de mon oncle) écrivait lui aussi. Allez voir si ça vous intéresse.
Sinon j'organise, pour tous ceux qui ont un blog et l'envie de se coller au clavier, un ptit concours d'écriture dont l'intitulé est sur ce sujet de forum. Le texte gagnant sera publié sur cet article. Tous à vos stylos !

Hello ! Arrêtez les frais, le grand gagnant du concours est Tarnax (son forum et son blog), avec ce texte qui est le mieux mis en scène, concis et formant un vrai tout. D'ailleurs je vous le mets, que vous puissiez juger.

Cette rue me déplait ! Il fait trop sombre, et la brise qui souffle bien fort aujourd'hui a levé un nuage fait de la crasse se trouvant entre les pavés, accumulée avec les années. Ce n'est pas sérieux de se promener seul, à quinze ans, dans un coin aussi paumé d'Asgard, m'a-t-on répété maintes fois ! Il y aura bientôt deux ans qu'à un moment où je me trouvais sur la place d'Arme, un étrange devin m'a interpelé, et m'a dit ceci : ~Dans une rue déserte, une rencontre inattendue tu feras !~ C'est depuis que je traîne dans le coin...
Mais il n'y a jamais personne, pas une âme douée d'une seule lueur d'intelligence, même les rats ont fui le quartier, et aucun des rares habitants ne s'autorise à dire mot sur le sujet ! Peut-être demain sera le grand jour, à la date anniversaire de ma rencontre avec l'Ermite, et de sa mystérieuse prophétie.
J'arpente l'endroit, comme toujours, mais un détail a changé : le silence, trop lourd. C'est là que je l'entends, un léger chuchotement, mais assez fort pour éveiller ma curiosité, je me retourne. Rien, aucune silhouette à l'horizon... Je repars donc sur ma lancée, persuadé que le bruit venait d'une maison, mais je n'avais pas fait trois pas que la voix s'amplifiait, se rapprochant, j'en distinguai le sujet principal !
« C'est l'heure, Jack, tu vas pouvoir te réveiller tranquillement ! »
Quelqu'un se trouve derrière moi : je sens son souffle glacé courant sur mon cou si fragile. Je me mets à courir sans me retourner un seul instant, quand je vois quelqu'un arriver au coin de la rue, je cours vers lui, frénétiquement. De loin, je l'entends me crier sur un ton qui ne m'est pas inconnu : « Es-tu enfin réveillé ? »
Il disparaît, emporté par un vent de poussière, mais voilà que des mains gelées courent sur mes épaules, puis une douleur se déploie dans ma nuque.

Ce sera la première nuit parmi l'infinité qui suivra, de Jack, Buveur de Sang d'Asgard.


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# Posté le samedi 18 août 2007 11:58

Modifié le lundi 17 septembre 2007 12:05

Témoignage

J'ai fait de longues études de mathématiques et de physique. Vous allez peut-être en rire, mais mon but, à cette époque, c'était de devenir enseignant. J'aimais tant ma matière que cela me paraissait exaltant de faire découvrir à de jeunes esprits quels trésors de connaissance elle pouvait recéler. Mais on ne recrute plus, dans l'Education, aujourd'hui. Alors je me suis tourné vers la firme Zath&Co Armements. A croire qu'à présent, notre Cité-Etat a plus besoin de marchands d'armes que d'écoles.

Témoignage d'un ingénieur impliqué dans la conception du Zath 301.
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# Posté le mercredi 22 août 2007 12:02

Modifié le mardi 05 février 2008 07:44

Le gymnase délabré

Le gymnase délabré
Dès que Ned l'eut déposée sur l'espèce de petit parking qui jouxtait l'ancien terrain de sport du collège, Jadda marcha droit sur le vieux gymnase - un bâtiment maintenant désaffecté, avec ses murs de béton ruisselants d'humidité et son toit rouillé sur le point de s'effondrer. Bien sûr, plus aucun collégien n'avait cours de sport là-dedans ; ils empruntaient habituellement les salles d'un établissement privé dans des quartiers plus chics, à vingt minutes d'aéroglisseur d'ici. A une époque les dealers de shart donnaient rendez-vous ici à leurs clients, mais le vieux bâtiment était si désagréable qu'on avait vite décidé qu'il y avait des endroits plus confortables pour faire des affaires.
Jadda alla se cacher dans l'ancien vestiaire des filles, non loin des douches rouillées d'où ne coulaient plusaucune goutte d'eau propre. La sortie de secours était aussi par là (ce qui avait posé pas mal de problèmes à l'époque où on utilisait encore ce gymnase, parce qu'il y avait toujours un petit malin pour ouvrir la porte de l'extérieur et jeter un coup d'oeil) et si quelqu'un venait, Jadda pourrait toujours s'enfuir par là. L'adolescente s'assit sur le sol humide et se prépara à passer de longues heures d'ennui jusqu'au soir, où Ned reviendrait la chercher.
En attendant, elle sortit son arme et se mit à l'inspecter. C'était cette petite chose translucide, le Zath 301, l'arme pour laquelle elle s'était fait enlever, braquer, canarder par des inconnus, pour laquelle elle avait quitté le clan Neuf : un petit pistolet qui n'avait même pas l'air d'un vrai, semblable à un jouet. Mais un jouet mortel, Jadda en avait fait l'expérience.
Elle examina le petit réservoir de munitions - du zathol, avait dit Moller Zath le jour de la réception, de l'énergie cursive sous forme liquide, même si Jadda ne comprenait pas très bien comment cela était possible - le manche, la mini-caméra qui pouvait servir de viseur pour les tirs longue distance, les boutons pour régler la portée, et tout cela alimenté par une seule batterie, d'une autonomie inégalée. Comment fallait-il faire déjà pour l'enlever ? Ah oui, appuyer sur le minuscule bouton rouge en bas du manche, dans un ordre précis : deux pressions longues, deux brèves. Jadda s'amusa à enlver et remettre la batterie plusieurs fois, puis s'en lassa et rangea l'arme dans sa poche. Ce n'était pas le Zath 301 qui lui ferait tuer le temps.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 09:01

Modifié le dimanche 18 novembre 2007 09:37

La voix derrière la porte

La voix derrière la porte
Jadda était en proie à un profond ennui quand, soudain, une voix retentit à l'extérieur du vieux gymnase, une voix claire, aiguë, une voix de jeune fille. Derrière les murs craquelés et humides, cette jeune fille chantait - légèrement faux - sur une vieille mélodie, une chanson d'amour passée de mode depuis longtemps.
"C'est pas vrai", pensa Jadda, prise d'un pressentiment. Elle se glissa vers la vieile porte rouillée de l'ancienne sortie de secours, appuya délicatement sur la poignée et l'ouvrit, juste un peu, juste assez pour voir celle qui chantait ainsi.
Et l'intuition de Jadda ne l'avait pas trompée. C'était Yellie.
"Putain, coment elle fait pour être toujours là où je suis, elle ?" se demanda l'adolescente. Puis un souvenir lui revint, pendant qu'elle regardait Yellie avec perplexité, Yellie qui ne l'avait pas vue, par l'entrebâillement de la porte. A l'époque où elle allait encore au collège, il y avait bien six mois de cela, dans ce collège même où elle se cachait à présent, elle avait remarqué furtivement une fille portant des habits plus que ringards : pull à col roulé rose, pantalon flottant, grosses lunettes et tresse ridicule. Yellie. Mais Jadda avait cessé de fréquenter le collège ; de toute façon, comme c'était un établisssement public, il devait faire des économies sur tout, et poar conséquent les profs ne signalaient plus les absences des élèves - on n'avait pas de papier à gâcher en lettres aux parents. Jadda avait oublié Yellie, avec tous ces événements, la vie qu'elle avait menée au sein du Clan-Neuf, morose mais traversée de fulgurantes décharges d'excitation, elle n'avait pas tellement eu l'occasion de se rappeler son existence.
Mais maintenant elle se souvenait. Et cela expliquait beaucoup de choses. Déjà, lors de leur première rencontre, elle avait eu l'impression d'avoir déjà vu Yellie quelque part. Et si la petite brune croisait souvent son chemin, c'est qu'elle habitait le quartier, et qu'elle avait la mauvaise habitude de s'y promener aux heures où les membres du clan étaient de sortie.
Bref, elle était là, Yellie, toujours en train de chanter, un stylo à la main et son carnet rose dans l'autre. Elle, Yellie, l'adolescente la plus ringarde et la plus étrange de cette fichue ville.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 09:07

Modifié le mercredi 19 décembre 2007 13:42

Un paquet de biscuits

Jadda poussa la porte d'un coup et surgit devant Yellie dans un grand craquement métallique ; la fille brune sursauta, prit peur, allait ramasser son sac de cours et s'enfuir quand Jadda la retint par la manche.
- Ca va, je vais pas te manger, grogna-t-elle.
Yellie s'immobilisa, mi surprise, mi-inquiète. Elle regardait son interlocutrice en écarquillant ses grands yeux bleux, sans bouger ni parler.
- Relax, je te dis, répéta Jadda avec une pointe d'agacement. Allez, rassieds-toi.
Yellie se rassit prudemment, sans lâcher l'autre adolosecente des yeux.
- Tu faisais quoi ? demanda Jadda, histoire d'entamer la conversation.
- Oh, je... J'écrivais... bafouilla la brune.
- Mais de quoi t'as peur, là ? s'énerva Jadda. Regarde, j'm'assieds à côté de toi. Est-ce que j'ai l'air de vouloir t'agresser ? Hein ?
- Oui, avoua Yellie.
- Non mais ça c'est parce que je suis énervée... Attends un peu...
Jadda essaya de s'adoucir, voire d'avoir l'air sympathique, ce qui lui demandait beaucoup d'efforts vu sa pente naturelle au dédain et à la colère, tout en se maudissant intérieurement d'avoir cédé à l'envie de parler à cette brunette craintive. Elle avait des raisons d'avoir peur, cela dit. Après tout, la dernière fois qu'elles s'étaient rencontrées, Jadda avait tiré en direction de Yellie... Par sur elle, d'accord, mais dans sa direction. Il y avait de quoi terrifier une fille déjà impressionnable.
- OK... soupira Jadda. Tu saurais pas quelle heure il est ? ajouta-t-elle en se demandant combien de temps elle devrait encore attendre le retour de Ned.
- Euh... attendez... trois heures je crois...
- 'Tin ! C'est pour ça que j'ai la dalle, dit Jadda en entendant son estomac gargouiller douloureusement. J'ai pas mangé moi.
- Vous... tu veux un truc à manger ? J'ai des biscuits dans mon sac.
Ce fut au tour de Jadda d'écarquiller les yeux : cette fille était censée être terrorisée, elle devrait fuir la dangereuse criminelle qu'elle était, comme le ferait n'importe quel brave citoyen de Rank, tous ces honnêtes gens qui passaient dans les émissions de farwindow - travailleurs consciencieux, courageuses mères de famille, patrons qui faisaient rentrer de l'argent dans la ville, politiciens en rangs bleus et gris avec leurs costumes, leurs cravates et leurs visages interchangeables - ces honnêtes gens, donc, qui devaient honnir les délinquants précoces comme Jadda, bien sûr, quels monstres ces enfants qui ont déjà volé, pillé, tué même, quelle horreur ils ne sont pas humains ! Et cette adolescente, Yellie, lui offrait des biscuits. Spontanément. Sans rien demander en retour.
"Elle vit sur une autre planète, cette fille, ou quoi ?" se demanda furtivement Jadda, avant d'accepter le petit paquet que lui tendait la brune. Elle se jeta sur les quatre petits gâteaux farineux, en dévora sous les yeux de Yellie puis, comme elle saisissait le quatrième, une idée lui vint. Elle brisa alors le biscuit en deux parts et en donna une à la brune, qui le reçut avec un sourire.
- T'écrivais dans ton carnet ? questionna Jadda en apercevant le cahier rose de Yellie, après avoir englouti sa dernière miette de biscuit.
- Oui.
- Tiens, mais c'est le même que Sim voulait te piquer l'autre soir, non ?
- Oui, répondit Yellie dans un souffle. C'est mon journal.
"Un journal ? Complètement ringard", se dit Jadda, mais elle garda cette pensée pour elle.
- Et puis, un autre jour, continua-t-elle par pure curiosité, je t'ai vue avec un gros paquet rose...
- Oui, laissa échapper Yellie, c'était l'anniversaire de Boll...
- De qui ?
- De Boll, répéta la brune en baissant les yeux.
- C'est ton copain ? demanda directement Jadda.
- Oh non, non, pas du tout ! s'écria Yellie.
- Mais tu voudrais bien ?
Un silence.
- Je l'aime, dit-elle.
Un autre silence.

# Posté le mercredi 19 décembre 2007 13:19

Modifié le vendredi 29 février 2008 16:02