Une fois arrivée là, Jadda chercha des yeux un objet à prendre. C'était difficile de voir, il y avait énormément de monde, d'invités vêtus de noir qui déambulaient parmi les longues tables aux nappes blanches et recouvertes de victuailles, flûtes pleines de mousseux et petits fours des plus délicats de la ville. Les invités devisaient de choses et d'autres, pas spécialement fort mais, comme ils parlaient tous en même temps, le brouhaha était assourdissant. On discutait entre eux de savoir quel était le meilleur couturier de la ville, si les vigiles de sociétés privées étaient supérieures ou non aux policiers, et surtout, surtout on parlait de la guerre au nord. Le Niad et le Qually étaient engagés dans un conflit sans fin, paraissait-il, l'issue des combats tardait à se décider, heureusement la Cité Etat de Rank restait fidèle à sa tradition de neutralité, et quelle horreur tous ces morts, mais c'était bon, il est vrai, pour les affaires de M. Zath et des autres marchands d'armes de la ville, comment se faisait-il que ces deux puissances n'utilisaient pas leurs armes les plus destructrices, bombes, missiles, armes chimiques et aimsi de suite ?
Un invité apporta la réponse à cette controverse : évidemment les protections en matière d'armes de destruction massive avaient considérablement évolué, rendant inutiles une partie des missiles ennemis ; quant aux autres, chaque pays hésitait à les utiliser, sachant bien qu'en ce cas il déchaînerait sur lui des représailles de même ampleur.
Il était un point où tous semblaient d'accord : il fallait absolument que les réfugiés cessent de se diriger vers Rank, car, voyons, qu'en ferait-on ?
Jadda pensa d'abord prendre le sac ou le collier d'une de ces dames, mais ces idiots du clan Sud pourraient penser qu'elle l'avait pris ailleurs. Il fallait autre chose. Un objet spécial, un trophée. Quelque chose qu'on ne pouvait vraiment trouver qu'ici.
Si elle avait pu décrocher le lustre et l'emporter sous son manteau !
Un domestique faillit la repérer, à un moment, alors qu'elle se demandait quoi prendre, alors elle s'arrangea pour disparaître derrière le dos d'un invité bedonnant et se faufila jusqu'au bord d'une sorte d'estrade au fond de la salle.
La porte de la salle de réception se fermèrent soudain, et les lustres faiblirent. Debout, très droit, vêtu d'un impeccable costume sans doute retaillé plusieurs fois pour convenir à son tour de taille, le richissime Mr Zath apparut, juste sur l'estrade contre laquelle Jadda se blottissait, éclairé par deux projecteurs, une coupe à la main. Il y avait à côté de lui un présentoir recouvert d'un tissu noir. Toute l'assemblée leva les yeux des buffets pour le regarder. Jadda, qui se faisait toute petite au premier rang, le regarda et fut déçue. Le milliardaire n'était qu'un petit homme chauve et bien en chair à l'air totalement satisfait de lui-même.
- Mesdames et Messieurs, clama-t-il, je suis très heureux de vous accueillir ici ce soir (applaudissements de l'assemblée) pour fêter dignement la dernière production des ateliers Zath & Co. : le Zath 301 !
Applaudissements de nouveau. Avec une démarche un peu théâtrale, Mr Zath s'avança vers le présentoir - tous les regards s'y fixèrent alors, plus curieux que jamais -, commença à enlever, lentement, le tissu noir - un murmure impatient parcourut la salle -, puis le laissa tomber sur le sol. L'impatience se mua en étonnement.
Un invité apporta la réponse à cette controverse : évidemment les protections en matière d'armes de destruction massive avaient considérablement évolué, rendant inutiles une partie des missiles ennemis ; quant aux autres, chaque pays hésitait à les utiliser, sachant bien qu'en ce cas il déchaînerait sur lui des représailles de même ampleur.
Il était un point où tous semblaient d'accord : il fallait absolument que les réfugiés cessent de se diriger vers Rank, car, voyons, qu'en ferait-on ?
Jadda pensa d'abord prendre le sac ou le collier d'une de ces dames, mais ces idiots du clan Sud pourraient penser qu'elle l'avait pris ailleurs. Il fallait autre chose. Un objet spécial, un trophée. Quelque chose qu'on ne pouvait vraiment trouver qu'ici.
Si elle avait pu décrocher le lustre et l'emporter sous son manteau !
Un domestique faillit la repérer, à un moment, alors qu'elle se demandait quoi prendre, alors elle s'arrangea pour disparaître derrière le dos d'un invité bedonnant et se faufila jusqu'au bord d'une sorte d'estrade au fond de la salle.
La porte de la salle de réception se fermèrent soudain, et les lustres faiblirent. Debout, très droit, vêtu d'un impeccable costume sans doute retaillé plusieurs fois pour convenir à son tour de taille, le richissime Mr Zath apparut, juste sur l'estrade contre laquelle Jadda se blottissait, éclairé par deux projecteurs, une coupe à la main. Il y avait à côté de lui un présentoir recouvert d'un tissu noir. Toute l'assemblée leva les yeux des buffets pour le regarder. Jadda, qui se faisait toute petite au premier rang, le regarda et fut déçue. Le milliardaire n'était qu'un petit homme chauve et bien en chair à l'air totalement satisfait de lui-même.
- Mesdames et Messieurs, clama-t-il, je suis très heureux de vous accueillir ici ce soir (applaudissements de l'assemblée) pour fêter dignement la dernière production des ateliers Zath & Co. : le Zath 301 !
Applaudissements de nouveau. Avec une démarche un peu théâtrale, Mr Zath s'avança vers le présentoir - tous les regards s'y fixèrent alors, plus curieux que jamais -, commença à enlever, lentement, le tissu noir - un murmure impatient parcourut la salle -, puis le laissa tomber sur le sol. L'impatience se mua en étonnement.
