à la une...

UN MYSTERIEUX DRAME A LA MAISON MERE DE ZATH & CO.

MORT DU MILLIARDAIRE MOLLER ZATH A LA SUITE D'UNE PRISE D'OTAGES ET D'UN INCENDIE


Rendons hommage à ce prodigieux homme d'affaires, qui a su révolutionner le marché des armes, pour produire des outils toujours plus efficaces et novateurs...

(...)

(Le bilan du conflit entre le Niad et le Qually : encore une dizaine de morts aujourd'hui, mais aucune avancée notable.)


Le Courrier de Rank, 30 juin
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# Posté le samedi 03 septembre 2005 06:21

Modifié le vendredi 09 septembre 2005 08:07

Les hommes de Qually

Les hommes de Qually
Au nord de la ville, dans une assez cossue chambre d'hôtel au trentième étage d'une tour, confortablement installé dans un canapé moelleux, un chapeau sur les yeux pour empêcher la lumière de le gêner, un homme dormait. Le bruit de la pluie sur les grandes baies vitrées de la chambre ne semblait pas le gêner outre mesure. L'homme avait à se reposer d'une nuit plutôt agitée. Il en avait connu d'autres, cependant, des pires, bien sûr, et par expérience il savait qu'il fallait toujours se reposer le lendemain. C'était un précepte élémentaire.
Sa suite communiquait avec la suite voisine, et la porte entre elles deux était entrouverte. On entendait, au delà de la paroi, un bruit confus de paroles qu'émettait la farwindow et de cliquetis de couverts. Decca devait être affalé sur son lit à manger devant la far. C'est ce que pensait , dans un demi-sommeil, l'homme couché sur le canapé.
Soudain la sonnette retentit.
Le dormeur ouvrit un oeil, puis les deux, puis rabattit son chapeau sur son front. Ce devait être ceux qu'il attendait. N'importe, il n'avait pas envie de se lever pour ouvrir la porte. Aussi cria-t-il :
- Decca ! Nob'adora !
- Daï, répondit-on, et la farwindow cessa son bourdonnement.
Decca entra dans la chambre pour aller ouvrir la porte, tandis que le dormeur se redressait en s'essuyant les yeux. Il ôta son chapeau qu'il lança à l'autre bout de la pièce, lissa sa chemise du plat de la main, prit sur une table basse à côté du canapé une paire de lunettes noires et les mit, l'air neutre.
Decca ouvrit la porte.
- Ab Ladin'ored i nob'edaï, dit une voix d'homme, que l'homme aux lunettes identifia comme celle de Ben.
Une autre voix piaillait en ranker :
- Lâchez-moi, messieurs ! Enfin !... Je suis citoyen ranker ! Que signifie cette mascarade ?
Malgré ces véhémentes protestations, le ton du "citoyen ranker" était plus fébrile qu'indigné.
Sans même se retourner, l'homme aux lunettes lança un ordre :
- Ben ! I yan'edera !
- Daï, Ladin, lui répondit-on.

# Posté le samedi 03 septembre 2005 10:57

Modifié le dimanche 04 septembre 2005 06:06

Le Médecin

Le Médecin
Decca et Ben entrèrent dans la pièce, amenant par les épaules un petit homme vêtu de noir, qui se débattait avec force coups de coude.
- Eh bien ! Qu'est-ce que cela veut dire ? répétait-il avec effarement, se démenant de plus en plus sans pour autant se libérer de l'étreinte des deux hommes.
- Prenez place, l'enjoignit l'homme aux lunettes noires en désignant un fauteuil face à lui. Decca, Ben, i dederen.
Les deux sbires lâchèrent les épaules de l'homme en noir, qui les massa d'un air revêche et s'assit prudemment.
- Enfin un interlocuteur doué de raison ! commença-t-il. Dites-moi, pourquoi ai-je été ainsi arraché à mes occupations ? Qui êtes-vous ? Et pourquoi m'avoir fait venir ici, de plus avec si peu de ménagement ?
- Une question à la fois, s'il vous plaît, dit l'homme aux lunettes avec un sourire. Comme vous pouvez l'entendre, nous parlons quallien ; et, en effet, nous venons de Qually. Quant à savoir nos noms, celui qui a eu l'amabilité de vous conduire à moi se nomme Benoardeor, ou Ben, et mon autre compagnon ici présent répond au nom de Deccadonitti. Decca, pour les intimes. Voilà pour qui nous sommes.
- Et vous ? demanda l'homme en noir d'un ton méfiant.
- Oh, répondit l'intéressé evec désinvolture, appelez-moi le Médecin, ou Ladin en quallien, comme tout le monde.
Son interlocuteur le fixa des yeux. La méfiance s'était renforcée dans son regard et son attitude ; il se demandait sans doute s'il devait lui faire remarquer que ce sobriquet ne constituait pas un vrai nom ; il aurait surtout voulu savoir ce que cet homme face à lui pensait, si ce paltoquet encore bien jeune, avec ses lunettes noires de frimeur, se moquait décidément de lui. Mais le Médecin ne laissait rien paraître d'autre sur son visage qu'un sourire calme, au-dessous de ses impénétrables lunettes.
- Bien, reprit-il, continuons les présentations. Vous êtes Mr Dimen Yaggard, vous résidez dans une charmante villa dans les banlieues riches de cette jolie Cité-Etat et, hier soir, vous étiez convié à la petite sauterie du regretté Mr Zath. Il paraîtrait que vous avez été un des derniers à sortir de la salle où Mr Zath tenait sa conférence si... brutalement interrompue. J'aurais aimé savoir si, avant de quitter la pièce, vous avez remarqué quelque chose de spécial.
La question était si banale et si inattendue que Mr Yaggard en suffoqua d'indignation.
- Enfin ! De quel droit m'emmenez-vous, m'enlevez-vous de chez moi pour me... me séquestrer ici et me poser ce genre de questions absurdes ? C'est incroyable ! Sachez que je suis citoyen de cet Etat, moi, messieurs ! Que je suis haut placé ! Je peux faire sauter vos permis de séjour moi, messieurs ! Il vous en coûtera, vous savez ! Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, messieurs !...
Pendant que l'homme exprimait ainsi sa juste colère face à cette intolérable agression de sa personne, le Médecin souleva nonchalamment un coussin du canapé et en sortit un pistolet à long canon, un Zath 202, qu'il posa, l'air de rien, sur ses genoux.
Yaggard, en plein milieu d'une longue tirade qui énumérait toutes les calamités qu'il pouvait faire pleuvoir sur la personne de ses agresseurs, vit l'arme et s'arrêta, la bouche béante.
Il avala sa salive, les yeux rivés sur le pistolet, commença un mot, s'arrêta à la première syllabe, se racla la gorge et balbutia :
- C'est à cause du Zath 301 ? C'est cela que vous voulez ?
- Vous êtes perspicace.
- Les plans... ont disparu avec Mr Zath...
- Je sais. C'est d'ailleurs la faute d'un de mes hommes si ce lustre a pris feu, et j'ai dûment puni le coupable. Je voudrais réparer cette erreur en retrouvant le prototype et en négocier l'achat auprès de l'héritière, Mlle Lila Zath. Il y a à Qually des gens compétents pour qui ce prototype sera suffisant pour créer des copies convenables. Alors ? Avez-vous remarqué quelque chose ?
- Eh bien, en sortant... Déjà, il y avait... cette... cette femme près de la porte, la complice des bandits qui ont agressé Mr Zath...
- Ah oui, elle, dit le Médecin, en souriant de plus belle. Alors elle travaille pour le Niad maintenant... Bref, je sais déjà cela. Avez-vous remarqué quelque chose d'autre ?
- Il me semble... qu'en effet... sur l'estrade... il y avait quelqu'un...
- Précisez ?
- Je ne sais pas, un enfant je crois... qui était sur l'estrade, et qui prenait le prototype... Je crois même l'avoir vu escalader les rideaux pour sortir par la fenêtre...
- Intéressant, un enfant acrobate, conclut le Médecin. Et quels enfants étaient invités ?
- Eh bien aucun.
Le Médecin leva les sourcils et se pencha vers Yaggard, l'arme à la main.
- Je vous le jure ! protesta Yaggard d'une voix rendue toute aiguë par la peur. Les invités n'avaient pas le droit d'emmener des mineurs !
- Alors c'était un intrus. Garçon ou fille, selon vous ?
- Une fille, je crois... Mais je n'en jurerais pas... Je n'en sais vraiment pas plus.
- C'est bien, vous m'apportez déjà des renseignements précieux.
Le Médecin ôta le pistolet de ses genoux et se releva, tendant la main à Dimen Yaggard qu'il dominait d'une bonne tête. Yaggard la lui serra avec soulagement et reconnaissance.
- Merci de votre aide, Mr Yaggard, et au plaisir de vous revoir. Et, un dernier détail : ayez la délicatesse de ne pas ébruiter notre présence dans cette ville. Vous avez une petite fille, je crois ?
Yaggard pâlit.
- N'ayez crainte, le rassura le Médecin, toujours souriant. Mes hommes vont vous raccompagner chez vous pour plus de sécurité. Au revoir et toutes nos excuses pour le dérangement.
Et, sitôt Yaggard et les deux hommes de main partis, le Médecin récupéra son chapeau et reprit sa place sur le canapé. Il marmonna encore un instant :
- Mais elle doit être en ville alors... Cette vieille amie...
Puis il rabattit son couvre-chef sur les yeux - et se rendormit.

# Posté le dimanche 04 septembre 2005 04:12

Modifié le lundi 26 juin 2006 05:32

Les hommes de Niad

Les hommes de Niad
A l'est de la ville, dans un studio bien plus petit et plus chichement meublé que la suite du Médecin et de ses hommes, on ne dormait pas.
Dorie faisait les cent pas dans la pièce, sous les yeux las de ses compagnons, une femme rousse et deux hommes blonds, qui, assis à une table, triaient de vieux papiers. Elle ne portait plus l'élégante robe de la veille, mais une large jupe à plis et un chemisier blanc tout ce qu'il y a de plus simple.
- Quel ratage ! éclata-t-elle, s'arrêtant soudain. Un désastre total !
- Calme-toi, Dorie, lui répondit l'autre femme. Personne ne pouvait prévoir que des agents du Qually étaient là aussi et...
- Faisons le bilan, tu veux, Matty ? l'interrompit-elle sèchement. Zath est mort. Les plans ont brûlé avec lui. Le prototype a disparu. Personne ne pourra reconstituer l'arme sans lui. Norad a été abattu. Deux mois de travail pour s'infiltrer dans cette soirée... complètement gâchés !
Et elle se remit à parcourir frénétiquement la pièce.
- Ce n'est peut-être pas si grave pour notre nation, intervint un des hommes, car, après tout, ce n'était pas une arme surpuissante, juste un pistolet un peu perfectionné. Pas une bombe capable de raser une ville.
- Justement, Sogh, répliqua Dorie. Si le Niad attaquait directement avec des armes très destructrices, les représailles seraient désastreuses. Et puis on ne sait pas quelle résistance auront les dômes de protection des principales villes du Qually. Imagine si nos bombes ne peuvent pas percer leurs défenses et que les leurs le puissent pour nous ! Tandis qu'une arme individuelle, légère, vue notre supériorité numérique, ce serait parfait. Une armée équipée de ces pistolets pourrait faire pencher la balance en notre faveur ! Car si un homme meurt, ou même dix, ou même cent, il en restera des milliers encore ! Tandis que si on abat nos bombardiers, à quoi sert d'avoir des bombes ? Non, il faut que cette arme soit au service de notre cause.
- Mais il reste peut-être un moyen, dit l'autre homme, qui n'était pas très grand mais avait des yeux bleus perçants. Si on interrogeait les ingénieurs de Zath & Co. ...
- Ridicule, Donn. Cela nous prendrait un temps fou.
- Il reste ce que tu as vu, dit Matty.
Dorie s'immobilisa.
- Oui, l'enfant, insista Sogh.
- Mais je n'en suis pas sûre, objecta-t-elle.
- Au point où on en est...
- Ce n'est pas logique, pourtant, continua Dorie. Aucun enfant n'était invité...
- Alors c'était peut-être un gosse des rues, proposa Donn. Cela arrive qu'ils s'introduisent dans des soirées privées pour voler des portefeuilles ou autre chose dans ce genre.
- C'est vrai qu'il y en a beaucoup à Rank, admit Dorie. Ils se réunissent en bandes de quartiers et squattent des vieux immeubles. Est-ce qu'on a des contacts parmi eux ?
- Tu sais que la plupart se droguent au shart, répondit Matty. On a des contacts avec certains dealers. Si on leur propose de les fournir en échange de renseignements, ils accepteront.
Dorie s'assit à la table et enfouit sa tête dans ses mains.
- On a du shart ?
- Certains de nos agents dormants dans cette ville en ont, répondit Sogh.
- Parfait. Donn, Matty, vous allez m'en chercher. Sogh, tu me repères les planques des bandes de gamins dans cette ville. Tu leur parles, tu leur achètes des mods, tu leur dis que ceux qui auront vu le Zath 301 et qui nous en avertiront auront droit à une dose de shart. C'est compris, tout le monde ?
- Compris, répondirent les trois agents à l'unisson.
- Et, une dernière chose : après la soirée d'hier, nous sommes certains que des agents qualliens sont dans cette ville. Alors ouvrez l'oeil et ne clamez pas trop fort d'où vous venez.
- On fera attention, Dorie, répondit Donn.
Et ils sortirent du petit studio miteux.
Dorie resta assise un instant, puis se leva pour aller à la fenêtre regarder la ville pleine de bruit et fourmillant d'aéroglisseurs. Il pleuvait toujours.
- Et pourtant, marmonna Dorie pour elle-même, la balle qui a eu Norad... Il n'y a vraiment qu'une personne pour tirer comme ça, à l'improviste, sur un preneur d'otages...
Elle soupira, tira les rideaux, et retourna s'asseoir, pensive, dans l'ombre.
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# Posté le dimanche 04 septembre 2005 05:38

Modifié le mercredi 14 septembre 2005 05:52

PaUsE nUmErO 2

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PAUSE NUMERO 2

EEEEEH OUI, déjà la pause number two... vue la longueur des articles précédents, je me suis dit qu'il valait mieux se reposer un peu les yeux (et mes doigts aussi !)

Et voilà que débarque le personnage du Médecin (mon préféré !). Dommage que je n'ai pas de scanner, je vous montrerais bien les dessins que j'ai fait de ce perso, où il a la classe tout de même... Un grand frimeur, certains se reconnaîtront ! (surtout pour l'attirail chapeau & lunettes noires, on dirait Reservoir Dogs)

VOILA !!! Des questions sur l'univers de Rank ? Sur les perso ? Des fautes d'orthographe repérées ? Juste un petit coucou à me passer ? Juste exprimer votre coup de gueule contre ces gamines qui vraiment font chier le monde avec leurs tonnes de pages ineptes, quel gâchis d'énergie ? L'espace commentaires est à vous !!!


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# Posté le lundi 05 septembre 2005 04:56

Modifié le lundi 05 septembre 2005 09:35