Interview

- La recrudescence de la délinquance juvénile devient décidément un problème préoccupant... Quelles seront vos mesures à ce sujet, M. le Ministre ?
- Face à une telle montée de la criminalité, je dirai seulement : cherchons les causes ! Depuis vingt ans la délinquance juvénile ne cesse d'augmenter, en particulier sous des différents gouvernements de l'opposition. Qu'est-ce qui, en parallèle, a augmenté pendant cette époque ? Notre indulgence ! Nous sommes trop laxistes envers ces voyous qui bafouent les institutions et la société dans son entier. Il faut prendre des mesures énergiques pour empêcher ces délinquants de semer le désordre dans notre ville. Quitte à leur faire peur ! Un enfant qui a peur ne peut causer de troubles.


Interview de Mr Yorkasz, Ministre de la Sécurité et de l'Intégrité du Territoire de Rank.
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# Posté le mercredi 07 septembre 2005 03:04

Où se trouvait le Zath 301...

Où se trouvait le Zath 301...
Celle que tous cherchaient, Jadda, était rentrée chez elle, enfin ce qu'elle appelait "chez-elle", avec son trophée. En réalité c'était un hangar désaffecté du Quartier-Neuf, que les jeunes du coin avaient aménagé en squat. L'appartement de ses parents, situé dans la bordure ouest de la Cité-Etat, elle n'y avait plus mis les pieds depuis que la police était venue perquisitionner chez elle un jour où elle était sortie. Comme au collège. Elle n'était pas retournée en cours depuis des mois. Inutile de se fatiguer à passer sa vie enfermée dans une salle avec des gamins imbéciles et ces idiots de profs. De toute façon ce qu'ils pouvaient lui apprendre ne lui servait à rien.
C'était comme ses parents. Son père passait ses journées dans un vieil entrepôt à ranger des cartons pour pas grand-chose, et sa mère restait collée devant la farwindow tant qu'un des bébés ne se mettait pas à crier. Une petite vie vide. Jadda ne voulait pas avoir une existence comme celle-ci. Alors, quand les flics étaient redescendus, elle était entrée dans sa chambre par la fenêtre en escaladant la gouttière, avait pris des vêtements et de quoi manger, et elle était partie. Sa mère ne s'en était même pas rendu compte.
Ce n'était pas là que se déroulait sa vie. La bande de Dag, qui contrôlait le Quartier-Neuf, l'avait prise sous son aile. On lui avait mis un matelas dans le hangar, on lui apportait à manger, on lui rendait visite et on s'installait dans le hangar pour écouter de la musique sur les postes hertziens et danser jusqu'à tard dans la nuit. Sa vie était entre les murs de tôle du hangar, avec son matelas pas trop loin des canettes de bière, c'était toutes les rues du quartier jusqu'au Pont de l'Avenir, où commençait le territoire des jeunes du Quartier Sud. C'était les bagarres avec les ados du sud quand ils osaient franchir le pont, les vols à l'étalage, les rackets, les sorties et les rigolades entre copains, avec ou sans Ned.

# Posté le mercredi 07 septembre 2005 03:46

Modifié le vendredi 09 septembre 2005 05:57

Le monde... selon une gamine des rues de Rank

Le monde... selon une gamine des rues de Rank
Pour Jadda le monde était simple. Dans l'étroite contrée de Rank, toute cette ville où elle vivait, il y avait quatre catégories de personnes : le clan-Neuf, le sien, celui de Ned, de Dag et des autres, le clan Sud, l'adversaire, les riches comme Zath et toute sa clique, qu'il était toujours bon de voler, parce qu'ils portaient en général beaucoup d'argent sur eux à la fois, et les autres, qui n'avaient aucun intérêt particulier. Les autres étaient étaient les plus nombreux, évidemment : cela englobait le clochard du coin de la rue, le vendeur de frites des remparts et tous ces gens qui travaillaient sans cesse dans ces bureaux tout en haut des gratte-ciels (travaillaient à quoi ? pourquoi ? Jadda n'aurait pas su le dire), et aussi ses parents. C'était des autres, même pas définissables, donc méprisables.
Il y avait bien un monde en dehors de la ville, évidemment : il y avait la guerre, ces deux pays, le Qually et le Niad, qui se battaient, et le Sohol d'où venait le mousseux, et la mer, quelque part là-bas, loin au nord.
Bien entendu, car c'était pour Jadda et pour quiconque connaissait un peu Rank une évidence, tous ces gens s'affrontaient, se battaient, s'entre-déchiraient. Le Niad était en guerre avec le Qually depuis une éternité. Le mousseux de Sohol devait faire face à la concurrence des vins du nord. Les gratte-ciels des quartiers financiers de Rank rivalisaient de hauteur. Le clochard du coin se bagarrait avec d'autres SDF quand ceux-ci voulaient s'installer dans la même rue que lui. C'était les riches contre les pauvres, les jeunes contre les vieux, le clan-Neuf contre le clan Sud, et ainsi de suite. Le monde se battait et c'était la grande loi, la seule loi de l'existence. Pour Jadda, si la planète devait être un jour en paix, ce ne pourrait être que pour déclarer la guerre aux étoiles.

# Posté le jeudi 08 septembre 2005 04:51

Modifié le vendredi 15 juin 2007 08:41

Le clan-Neuf : Ned, Dag, Sim

Dans cette ville en lutte perpétuelle, Jadda avait ses alliés. Le premier était Ned, son petit copain, un grand blond, assez musclé, avec des cheveux mi-longs, un anneau au nez et un bandeau bleu dans les cheveux. il n'était pas très malin, de l'avis même de Jadda, mais elle avait trois bonnes raisons pour continuer à sortir avec lui : il embrassait relativement bien, il n'arrêtait pas de répéter qu'il l'aimait - ce qui est très flatteur - et, surtout, il possédait une aéromoto deux places qu'il avait volée à un garage du coin, et ça, c'était vraiment très pratique.
Ensuite il y avait Dag. C'était le meneur incontesté du clan-Neuf ; il était toujours au courant des bons plans, et personne ne connaissait le quartier mieux que lui. Il était vraiment musclé, portait toujours une casquette et avait un serpent immense tatoué sur le bras gauche ; il parlait bien, savait motiver les gens et ramenait quand il en manquait du shart, de l'alcool et de l'argent. C'était lui qui avait proposé à Jadda de s'installer dans le hangar quand elle était partie de chez elle. Il l'avait associée à plusieurs coups dans le quartier, pas seulement des rackets, mais de vrais braquages, et à chaque fois ils s'en étaient bien sortis.
Par contre, même au sein du clan neuf, Jadda avait ses ennemis. Les filles, par exemple, la trouvaient désagréable, violente et la traitaient de garçon manqué parce qu'elle ne se maquillait pas. Elle s'en fichait ; son véritable ennemi, c'était plutôt Sim, le blondinet Sim, avec un visage trop rond sous tous ses piercings, à l'air de gamin grandi trop vite, qui réunissait d'ailleurs en lui la bêtise et la cruauté des enfants et la sécheresse et la mauvaise foi des adultes.
Rien qu'à le voir, Jadda avait une folle envie de gifler sa tête de bébé dégénéré.
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# Posté le vendredi 09 septembre 2005 07:59

Modifié le lundi 12 septembre 2005 05:26

...et pourquoi Jadda détestait Sim

...et pourquoi Jadda détestait Sim
Si elle haïssait à ce point le garçon, il y avait une raison.
Quand Jadda avait voulu intégrer le clan-Neuf, il y avait 2 ans de cela, Dag, qui l'aimait bien et trouvait ses talents d'"acrobate" utiles, lui avait juste dit :
- Pas de problème, petite Acrobate. Mais d'abord, tu dois te faire piercer. C'est la règle ici, tout le monde a un piercing ou un tatouage. Tu iras trouver Sim, il t'en fera un, son frère lui a tout appris sur ça.
- OK, avait-elle répondu.
Elle était allée trouver Sim, lui avait exposé l'affaire et lui avait demandé de lui faire un piercing au nombril. Sim avait accepté, sans rechigner, avec un petit sourire en coin.
- Tu sais, lui avait-elle dit quand il était encore en train de sortir ses instruments, j'voudrais que tu y ailles plutôt doucement, j'ai un peu peur que ça fasse mal.
Sim avait souri.
Une demi-heure plus tard, Jadda était rentrée chez elle très pâle, sans pouvoir enlever ses mains de son ventre.
Au bout de quelques jours, la douleur était devenue insupportable.
Le piercing s'était infecté.
Pour montrer à cette petite nouvelle qui était le maître, ou par pure cruauté, Sim avait utilisé des instruments sales ; avec toute la force dont il était capable, il avait troué sa peau de façon à ce que la douleur soit la plus grande possible.
Depuis ce jour Jadda et Sim étaient ennemis intimes.
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# Posté le dimanche 11 septembre 2005 06:20

Modifié le lundi 12 septembre 2005 05:25