dès le réveil

dès le réveil
- Dorie ! cria-t-on au matin du deux juillet, dans le studio où résidaient les agents de Niad.
Dorie, qui dormait encore sur son matelas gonflable au milieu de la pièce, fronça les sourcils avant même d'ouvrir les yeux. Elle avait passé la veille à faire le tour des adolescents des rues du sud de la ville, des espèces de délinquants tout vêtus de blanc exhibant une multitude de chaînes et de piercings, puis s'était épuisée à dresser une liste des agents dormants présents à Rank. De plus, il avait fallu crypter cette liste et Dorie ne maîtrisait pas tout à fait le nouveau code.
Conclusion : celui qui l'avait tirée d'un repos bien mérité avait intérêt à donner une bonne raison !
- Dorie, répéta-t-on, et la femme reconnut la voix de Sogh.
Elle ouvrit les yeux : c'était bien lui, debout devant le matelas, une cafetière et une tasse à la main.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle en bâillant.
- Les gamins du Quartier Sud nous ont contactés, répondit-il. Un café ?
- S'il-te-plaît, oui. Et alors, ces gamins ?
- Quelques-uns d'entre eux disent avoir vu une arme qui ressemble au Zath 301 hier soir, ajouta Sogh en versant le café dans la tasse. Ils viennent de nous en avertir par les mods. Ils nous ont donné rende-vous à dix heures au pont méridional.
- D'accord, dit Dorie en prenant la tasse. Je vais y aller, vérifier si c'est vrai et leur donner leur shart, là.
Elle but un peu du café fumant, très vite, au risque de se brûler les lèvres.
- Qu'est-ce que tu as mis dans ce café ? grogna-t-elle. De la poudre à canon ?
Sogh rit.
- Quelle heure est-il ?
- Neuf heures et quart.
- C'est compris, dit Dorie avant d'avaler le reste du café. Je me prépare et j'y vais.
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# Posté le mercredi 21 septembre 2005 02:44

Modifié le mercredi 21 septembre 2005 03:53

Rencontre sur le pont...

Après une douche rapide, Dorie s'habilla vivement d'une longue jupe grise et d'un chemisier bleu ; comme il faisait beau dehors, elle jugea inutile d'enfiler un manteau. Elle prit son sac à main, y déposa son arme, un massif Zath 118 garanti sans enrayage, et partit, sans même se munir d'un plan de la ville.
Comparé aux jours précédents, c'était vraiment une belle journée. Le pont méridional, à la limite des quartiers orientaux de la ville et des zones résidentielles bas de gamme du sud de la ville, était interdit aux aéroglisseurs mais, avec tous les gens qui y passaient tous les jours pour se rendre au travail, il restait très fréquenté. Au moins avait-on l'impression d'y respirer de l'air pur.
Dorie gagna le pont en une demie-heure. Elle était en avance. Alors elle s'accouda à la rambarde du pont et, pour passer le temps, laissa traîner son regard le long de la rivière et de ses rives d'un gris éclatant, où brillaient le verre et le métal. L'eau charriait bien des déchets, mégots, vieux journaux, sans compter le reflet gras des huiles rejetées chaque matin dans la rivière, mais le soleil la faisait scintiller doucement, et elle en semblait moins sale que dans les souvenirs que Dorie en avait gardés.
- Salut, entendit-elle soudain derrière elle.
Dorie reconnut aussitôt cette voix. Il y a des haines qu'on n'oublie pas. Elle ne sursauta pas ; si elle se retourna vivement, ce fut par colère plutôt que par surprise. D'ailleurs, après la catastrophe de la réception chez Zath, elle s'y attendait un peu.
C'était bien lui. C'était ces yeux moqueurs sous leurs idiotes lunettes noires, c'était ce chapeau encore plus stupide, c'était bien cet insupportable sourire.
Elle porta la main à son sac. Son arme était là-dedans. Elle n'avait qu'à la sortir, viser, appuyer sur la gâchette et c'en serait fini, vraiment fini, de ce sourire exaspérant.
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# Posté le mercredi 21 septembre 2005 03:16

Modifié le vendredi 11 novembre 2005 11:41

Dialogue de feux et de glaces

Dialogue de feux et de glaces
- Toi ! siffla Dorie entre ses dents avec fureur.
Ce serait la seule sommation auquel il aurait droit, pour peu que Dorie se décide à sortir son arme de son sac et à tirer.
- Holà ! répondit-il, l'air seulement surpris face à cet accueil brutal. Si on ne peut même plus dire bonjour à une vieille amie...
- Ordure.
- De plus, continuait-il comme s'il n'avait rien entendu, nous nous trouvons en terrain neutre, nous entretuer ici serait illégal. Ne me dis pas que tu n'as pas remarqué ces policiers là-bas ? Tu ne voudrais pas que nos gouvernements respectifs perdent d'aussi bons éléments que nous ?
C'était vrai. Il y avait bien des policiers sur ce pont, qui semblaient attendre, eux aussi. Dorie les voyait du coin de l'oeil. Elle se raisonna et écarta la main de son sac.
Mais l'autre s'était installé : il s'appuyait sur la rambarde avec nonchalance, les jambes croisées, juste à côté d'elle, détendu et goguenard.
- Je suppose, racontait-il, qu'il y a celui qui m'a contacté parmi ces policiers... Mais il ne me connaît pas de vue, alors ça ne le gênera pas trop de m'attendre un peu plus, pendant que je bavarde avec toi...
- Qu'est-ce que tu fais là ? le coupa brutalement Dorie.
- Mais la même chose que toi, Dorie. Je travaille.
- Avant-hier, gronda-t-elle, c'était toi. C'est toi qui as fait capoter mon plan. Tu as toi-même abattu Norad, un de mes meilleurs agents.
- Ah, il s'appelait Norad ? Oui, je me souviens. Joli tir, non ?
- Ordure ! cracha-t-elle.
- Deux fois en moins de cinq minutes ! Tu te répètes, ma chère. Tu devrais varier un peu ton vocabulaire. D'ailleurs, c'est plutôt toi qui as fait échouer MON plan. Tu vois, mon gouvernement avait jugé plus économique de s'emparer des plans du Zath 301 plutôt que de négocier... Dire que j'avais repéré les lieux depuis des mois ! Ta petite intervention, quoique un peu improvisée, a bousculé tous mes projets, ma chère Dorie.
- Je t'interdis de m'appeler "ma chère Dorie" !
Elle se retourna, furieuse, pour appuyer son dos contre la rambarde. Elle ne s'en irait pas maintenant. Ce serait, quelque part, lui céder, lui donner raison.
- Et toi, demanda Dorie avec une pointe d'aigreur dans la voix, comment te fais-tu appeler maintenant ? Toujours Ray Brown ? Ou encore Jodd ?
- Le Médecin, répondit-il.
Dorie émit une exclamation amusée.
- Ah, tu ne te donnes même plus la peine de chercher un vrai nom, remarqua-t-elle. LeMédecin ! C'est ridicule. Je suppose que c'est en rapport avec ton année, ta seule anne en école de médecine...
- Merci de me rappeler de bons vieux souvenirs ! Ah, l'école de médecine... Dans cette bonne ville de Rank ! ajouta-t-il en tapotant presque amicalement la rambarde métallique du pont. Oh, une seule année m'a suffi. Je n'en pouvais plus de toute cette compétition...
- Au moins, trancha aigrement Dorie, tu apprenais à soigner les gens plutôt que de les tuer.
- Déchirer les chairs à coup de balles ou de bistouri, éluda le Médecin, c'est du pareil au même. On reste dans le sanglant. Et je te signale, ajouta-t-il, pour que tu arrêtes ce genre de remarques moralisatrices, que tu fais exactement le même métier que moi...
Dorie retint un grognement de mépris.
- Moque-toi si tu veux, dit le Médecin, tu ne m'empêcheras pas de penser que nous avons énormément de points communs. Nous sommes nés à Rank tous les deux, nous avons grandi ici tous les deux, nous sommes tous les deux des... (il hésita un instant sur le terme)... des espions...
- Dans deux camps opposés, le coupa Dorie, qui commençait à voir où il voulait en venir.
- Et alors ? Le propre des agents doubles c'est de faire partie de deux camps à la fois.
- N'insiste pas, Ray - elle ravala ce nom; c'était celui sous lequel elle l'avait connu - enfin, corrigea-t-elle non sans mépris, Médecin. Tu ne travailleras jamais que pour ceux qui te paieront le plus.
- C'est que je sais voir où est mon intérêt.
Dorie se sentit bouillir de rage.
- Alors que le Qually opprime sa population dans un système foncièrement inégalitaire, éclata-t-elle avec feu, le Niad se bat pour imposer un nouveau modèle de société, qui laisse la place à l'être humain plutôt qu'aux marchandises, à la vraie liberté, celle qui se fonde sur une répartition égale des richesses, pas celle...
- Oh ! arrête ta propagande, s'il-te-plaît.
- Tu comprends ce que je veux dire ? abrégea-t-elle. Toi, tu ne penses jamais qu'à toi. Moi je sers une cause juste.

# Posté le mercredi 05 octobre 2005 12:15

Modifié le vendredi 25 novembre 2005 09:46

Les paroles et pensées de l'homme au chapeau

Les paroles et pensées de l'homme au chapeau
- Mais tu sais, Dorie, répondit calmement le Médecin, tout en observant avec attention les ongles de sa main droite, il y a bien des raisons pour lesquelles on peut "servir une cause", et la tienne, c'est et ce sera toujours, principalement, de l'égocentrisme.
- Quoi ? réagit Dorie, non sans violence.
- C'est d'abord ton égocentrisme, oui, ton égocentrisme qui te pousse à "servir ta cause", continua le Médecin en posant sa main sur la rambarde pour examiner sa main gauche. Tu y cherches une raison de te sentir différente, parce que tu ne veux pas admettre que, comme tout le monde, Dorie, en réalité, tu te fous des grandes idées comme la liberté ou l'égalité. Ce qui compte d'abord pour toi, c'est de te sentir supérieure.
Dorie n'en croyait pas ses oreilles. Ray, enfin, le Médecin, ce monument d'orgueil et de désinvolture, osait la chapitrer sur sa vanité ! Qu'en savait-il, d'abord ? De queldroit venait-il remettre en question son engagement dans la cause du Niad ?
- Tandis que moi, disait-il, au moins, je ne me pose pas ce genre de problèmes ; je suis content de ce que je suis, je cherche juste à gagner ma vie le mieux possible !
Il reposa ses mains sur la rambarde du pont, fixa son regard sur les tours brillantes sur l'autre rive. Ils se turent quelques instants. Dorie le fusillait des yeux.
Cependant elle crut l'entendre pousser un soupir.
- Ah, tu devrais me rejoindre, Dorie, reprit-il. On travaillerait en équipe, toi et moi. Tu verras, je t'apprendrai le quallien, ce n'est pas une langue très difficile, et puis tu ne gâcherai pas ton talent dans un pays aussi petit que le Niad. Et puis, dit-il en se tournant vers elle, on pourrait... comme avant... toi et moi...
Dorie le laissa s'empêtrer dans sa phrase. Il la regardait, sourire aux lèvres. (Même mal à l'aise il souriait.) Dorie le considéra avec un absolu mépris.
- Va te faire voir.
- Quelle agressivité ! répondit le Médecin en se retournant vers la rivière et les tours brillantes. Moi qui pensais parler à une bonne copine... Mais, si cela se trouve, la vérité, ajouta-t-il, goguenard, c'est que je te fais encore de l'effet. C'est pour cela que tu es si violente.
- La vérité, riposta Dorie, c'est que tu es si arrogant que tes chevilles vont faire exploser tes chaussettes tellement elles enflent. C'est pour cela que tu es si stupide.
Soudain elle aperçut, à l'autre bout du pont, un adolescent tout vêtu de blanc, avec force chaînes et piercings. Le gamin du clan Sud, enfin. Elle se retint de soupirer de soulagement, s'écarta de la rambarde et commencer à s'éloigner, sans un mot d'adieu pour le Médecin qui, lui, la suivait des yeux.
Elle sentit ce regard fixé sur son dos et s'arrêta. Deux jeunes filles, deux passantes sur le pont, attirées par cette discussion animée, regardaient tour à tour le Médecin et Dorie, Dorie et le Médecin.
- Et, ajouta-t-elle, d'une voix assez forte, en se retournant vers l'homme, pour quelqu'un d'aussi grand et maigre que toi, tu as le cul le plus disproportionné que j'aie jamais vu.
Les deux adolescentes éclatèrent de rire. Dorie partit d'un pas triomphal.
Le Médecin se contenta de faire la moue. Allons, il fallait revenir aux choses sérieuses. CE lieutenant de police qui l'avait contacté avait mentionné une fille des rues, signalée avec une arme qui ressemblait fort au Zath 301. Il était temps d'aller le rejoindre pour en savoir plus. Car le Médecin comptait bien récupérer le Zath 301 au nez et à la barbe de Dorie. Dans ce genre d'affaires, plus d'amitié qui tienne.
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# Posté le vendredi 11 novembre 2005 11:39

Modifié le dimanche 18 décembre 2005 05:33

Pause 5

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PAUSE 5

EEEEEET voilà un nouveau chapitre terminé !!! Il y a de plus en plus de visiteurs sur ce blog-roman (ça me flatte énooormément), grâce à boosterblog, à l'annuaire (cliquez ici) et à tous mes amis bien sûr : dédicace spéciale à Anaïs qui lit tout, chapeau ! Alors visiteurs de passage, soyez gentils, mettez moi sincérement ce que vous pensez de ce blog-roman, si c'est bien écrit ou si c'est lourd...
Je me suis bien amusée à écrire ce dialogue entre nos deux espions, j'étais même morte de rire devant l'écran à certains moments... Mais, je sais, toujnours pas d'action. Ne vous inquiétez pas, ça va venir incessamment sous peu, j'ai encore prévu quelques morts (on en est à combien là? Trois ? C'est pas beaucoup ;-) ). Bon, je creuse les personnages de Dorie et du Médecin, Jadda revient tout de suite, ne vous inquiétez pas... Après tout c'est elle l'héroïne !!
Merci à tous ceux qui lisent régulièrement cette histoire. Merci à tous ceux qui passent et prennent la peine de lire. Merci à tous ceux qui comprennent le message ou qui essaient de comprendre.

AU FAIT, une autre petite définition...

FARWINDOW n.f. sorte de téléviseur à écran plat, combinant le système du tube cathodique et des mini projecteurs.


REACTION A CHAUUUUUD (28/01/2006)
Qui est l'imbécile qui m'a supprimé un article que j'avais mis une semaine à écrire ??? C'est quoi cette censure stupide ? Je précise que des petits malins qui s'amusent à supprimer des articles, je n'en veux pas sur ce blog !!!

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# Posté le vendredi 11 novembre 2005 11:39

Modifié le samedi 28 janvier 2006 09:05