(NDA : article qui a été censuré par des espèces de... (je vous laisse deviner ce que j'en pense), alors que c'est un des articles qui avaient été un des plus durs à écrire... GRRRRRRRRR)
Le lendemain, Jadda reçut un appel sur son mod : Dag réunissait tout le clan Neuf dans la cour de l'ancienne école maternelle. Elle eut tout juste le temps de se rafraîchir sommairement à l'eau d'un robinet qui se trouvait au fond du hangar, puis partit vers l'école. Quand Dag réunissait ainsi tout le monde, en général c'était pour préparer un gros coup. Jadda espérait y prêter la main. Maintenant qu'elle possédait une arme puissante, elle pouvait prétendre à beaucoup plus de prérogatives.
Ce qui avait été il y avait déjà longtemps une école maternelle ne se composait que de trois bâtisses grisâtres, délavées par la pluie, aux vitres brisées, qui entouraient une cour d'asphalte où dépérissaient trois platanes. La grille qui entourait la cour était tordue et rongée par la rouille ; elle était aussi plutôt basse et Jadda n'avait besoin que d'un bond pour la franchir.
A l'intérieur, Dag attendait, appuyé contre la paroi grise. Sim se tenait près de lui (ce qui fit grimacer Jadda) et tuait le temps en gravant son nom dans le ciment friable du mur. Tout le clan était là : Middie, Rob... sauf Ned.
- Salut Dag, dit Jadda. Où est Ned ?
- Lut, Jadda, répondit le musculeux garçon brun. Il peut pas venir. Ses vieux le retiennent.
Jadda fronça les sourcils. Sim était là et pas Ned ? Ce n'était pas normal. Ce qui était encore moins normal, c'est que tout le clan avait tourné les yeux vers elle, insensiblement, et la regardait sans ciller. Même Middie s'était décrochée du grand rouquin qui lui servait de petit copain.
- Alors, dit-elle à Dag pour oublier cette atmosphère étrange, tu nous as fait venir pourquoi ?
- OK, eh ben approche, éluda Dag.
Il n'avait pas sa voix habituelle, il semblait même contrarié ; Jadda s'aprocha quand même.
- Bon, Jadda, il faut qu'on te parle, entra-t-il laborieusement en matière.
- Ben accouche !
- OK, bon, Jadda, c'est rapport à l'arme que t'as pris chez Zath.
- Le Zath 301 ?
Elle sentit tout son corps se crisper malgré elle.
- Ouais. Sim nous a parlé de ce qui s'était passé l'autre jour entre lui et toi. Je sais que vous vous aimez pas, enfin faut un peu de respect entre nous quoi... Faut qu'on soit unis.
- Ouais, et alors ? répliuqua Jadda, qui n'aimait pas qu'on lui fasse la morale, surtout quand il s'agissait de Sim.
- Non mais comment elle répond ! s'indigna Sim. Et tu l'as pas vue l'autre soir ! Une vraie dingue !
Jadda entendit cette voix aiguë et se raidit aussitôt. Le dégoût, la rage et la haine se réveillèrent brusquement en elle. Déjà elle était imperméable à toute discussion.
- Alors, continuait Dag tandis que Jadda fulminait en silence, on a pensé que comme tu t'en sers un peu comme tu veux et vu qu'c'est la meilleure arme qu'on a, tu vois, on a pensé que c'est moi qui la prendrai, vu que c'est moi qui organise tout.
Jadda le regarda avec froideur - c'était le calme avant la tempête. Alors, on voulait lui enlever son seul instrument de pouvoir, celui qu'elle avait arraché aux flammes sans aucune aide, puis qu'elle avait trimbalé tout une nuit sous la pluie battante. Elle en brûlait de rage.
- C'est non ! explosa-t-elle, hurlant si fort que tous les adolescents sursautèrent.
- Quoi ? réagit Dag. Quoi, qu'est-ce qu'y a, tu l'as pas sur toi ?
- Si, répondit Jadda, fumant de colère, terrifiante, je l'ai sur moi, précisa-t-elle, pour que tous comprennent bien qu'elle n'hésiterait pas à s'en servir. Et n'essayez pas de me le piquer ! hurla-t-elle. Je lai pris, je l'ai récupéré, il est à moi !
- Jadda, commença Dag...
- Tais-toi connard ! le coupa-t-elle.
Elle reprit sa respirationune seconde et reprit en criant de toute sa fureur :
- Oui, vous êtes des cons, tous des cons ! Foutez-moi la paix ! Je vais partir, ok, je trouverai mieux qu'votre foutu hangar, vous allez voir !
Jadda se retourna d'un coup, sauta par dessus la grille et s'éloigna de l'école à grands pas, pleine de rage.